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Qui sommes-nous ?

Honneur et Patrie rassemble des militaires de carrière et d'anciens appelés du contingent attachés aux valeurs de la République. Honneur et Patrie estime que la vocation primordiale de l'armée française est la défense du territoire national et des intérêts de la France en relation avec le peuple de France, dont l'armée est le prolongement naturel. Les membres d'Honneur et Patrie s'indignent de la volonté affichée par l'actuel gouvernement de casser le lien organique entre le peuple et son armée et de faire de celle-ci un supplétif de l'Empire américain. A une époque où l'honneur est piétiné et où la patrie est en danger, Honneur et Patrie a décidé de se constituer et de porter sa parole au peuple de France, dans la mesure de ses moyens et avec la discrétion qu'imposent les circonstances.

Jeudi 21 juillet 4 21 /07 /Juil 19:35

Hommage hypocrite de Sarkozy à nos mortsIl pleuvait sur Paris, ce mardi 19 juillet. Le ciel semblait à l’unisson de la douleur muette des soldats qui, dans la Cour d’Honneur des Invalides, veillaient les dépouilles de leurs camarades tombés en Afghanistan quelques jours plus tôt. Les yeux fixes et  humides, le visage parcouru d’imperceptibles tremblements, ils évoquaient en pensée ces jeunes hommes, peut-être rencontrés au cours d’une mission, et qui accomplissaient là à leur manière leur ultime prise d’armes.

 

Triste 14 juillet en vérité! Sept morts en l’espace de quatre jours, comme pour rendre tragiquement obsolète notre article du 10 juillet, qui rappelait que soixante-trois d’entre nous avaient déjà perdu la vie sur une terre qu’ils n’auraient jamais dû fouler. Interrogé sur le caractère insupportable pour l’opinion française de ces morts inutiles, l’historien Stéphane Audoin-Rouzeau, spécialiste reconnu de la Première Guerre Mondiale, replaçait l’hécatombe dans une juste perspective: soixante-dix morts, c’est deux heures de combat en 1914-1918; mais il ajoutait que les neuf cents morts quotidiens de la Grande Guerre ont été “consentis” par la nation tout entière parce qu’elle se savait menacée dans son existence même et qu’elle avait répondu au péril par une “levée en masse” comparable dans l’esprit à celle de 1792. C’est bien là la différence: quoi de commun entre le magnifique et terrible sacrifice de 1914 et la “mort par imposture” de soixante-dix soldats qui devaient bien voir, dans cette funeste vallée de la Kapisa, à quelle impasse les avaient menés les raisonnements à courte vue de nos politiques?

 

On prête à Clemenceau ce mot célèbre et savoureux selon lequel la guerre est une chose trop sérieuse pour être confiée aux militaires. On lui donnera raison pour la guerre qu’il eut à porter et qu’il gagna avec le concours d’une population qu’il sut rassembler et remettre en marche au moment où elle doutait de l’issue. C’est que Clemenceau connaissait l’histoire de son pays et qu’il savait de quelle ferveur nationaliste était animé le peuple français. L’inculture et le manque de psychologie en politique sont rédhibitoires. Appliquées à la situation afghane, elles ont été suicidaires: comment une coalition internationale menée par un George W. Bush qui ignorait jusqu’à son élection où se trouvait l’Afghanistan pouvait-elle espérer dicter sa loi à un peuple qui avait repoussé les Anglais au XIXème siècle et l’Armée Rouge à la fin du XXème? Comment pouvait-on être dupe des motifs invoqués par les Américains pour leur intervention?: prétendre établir une démocratie parlementaire au pays des seigneurs de la guerre relevait à tout le moins de l’humour et plus vraisemblablement du cynisme. Jacques Chirac se comporta, quand il engagea le contingent français en 2001, en allié aveugle des Etats-Unis: pouvait-il ignorer les dessous du “nouvel ordre mondial” américain tout entier acquis aux desseins d’Israël et à l’idée d’un enveloppement de l’Iran? Le même Chirac, sans doute froissé par l’arrogance grandissante des Américains et leur méconnaissance totale des réalités du Proche-Orient, sut leur tenir tête sur l’Irak en 2003. Nicolas Sarkozy ne connut pas ces atermoiements: celui qu’Eric Besson, du temps où il était socialiste, appelait un “néo-conservateur américain à passeport français”, s’aligna sans vergogne sur la diplomatie américaine, renforçant les effectifs français en Afghanistan dès l’année de son élection. Il faudra un jour que l’actuel locataire de l’Elysée s’explique sur le sens de son tropisme américain, qui le jeta dans les bras des Etats-Unis au moment même où ceux-ci révélaient le délabrement profond de leur économie et la faillite de leur modèle politique et culturel. Les dix morts de l’embuscade d’Uzbin, en août 2008, sonnèrent comme un terrible coup de semonce: la France, qui n’avait plus connu un tel carnage depuis l’attentat de 1983 contre l’immeuble Drakkar à Beyrouth, qui avait coûté la vie à cinquante-huit hommes, comprit qu’il n’y avait plus lieu de poursuivre un engagement inutile et dangereux. Nicolas Sarkozy choisit de s’obstiner en dépit du bon sens.

 

Faut-il savoir gré au président de nous avoir indirectement cité deux fois en appuyant théâtralement la formule “Honneur et Patrie” pour tresser des couronnes à ceux que son inconséquence criminelle venait de sacrifier? Oser soutenir que nos soldats ne sont pas morts “pour rien” en dit assez sur la cécité politique du personnage et sur le culot qui lui tient lieu de dialectique. Aucun stratège digne de ce nom ne peut ignorer l’enlisement de la coalition occidentale sur le terrain et les progrès inexorables des rebelles. De nombreux militaires le disent ou l’écrivent et l’acharnement à les faire taire du pouvoir actuel suffit à valider la pertinence de leurs analyses. Alors, le petit personnage trempé par la pluie qui tint, le 19 juillet, un discours qui prétendait à l’élévation sur le sens de notre engagement en Afghanistan et sur les “valeurs françaises” qu’il trahit à chaque instant ne peut plus abuser personne dans la communauté militaire. Décréter urbi et orbi un “hommage de la nation” et filer la métaphore sur le lien armée-nation qu’il s’est acharné à détruire en anéantissant l’une et l’autre relève davantage de l’imposture que de l’émotion ou du sens politique: il y a toujours des voix à gagner -ou à conserver- quand les sondages inquiètent. La manoeuvre est sans surprise et ne doit pas endormir notre lucidité.

 

Souhaitons, pour finir, que cet hommage qui, nonobstant ce qui vient d’être dit, ne manqua pas de grandeur, mette un terme aux lamentables polémiques qui ont entouré la célébration du 14 juillet. En contestant la légitimité du défilé militaire qui est le temps fort de la célébration de la Fête Nationale dans notre pays, Eva Joly a renoué avec l’antimilitarisme bêlant de son camp: on fera, a-t-elle dit, un grand défilé républicain et transgénérationnel où le bobo tiendra la main de l’ouvrier, on criera “Vive la vie!” et tout le monde sera content! On pourrait rappeler à Mme Joly que ce défilé militaire est une chose fort ancienne puisqu’il a été institué en 1880. On pourrait lui expliquer qu’il avait justement pour but, dans l’esprit des fondateurs de la IIIème République, d’exalter le lien armée-nation qu’on n’évoque plus aujourd’hui, à des fins d’auto-promotion, que devant des cadavres. Le Premier Ministre a cru bon d’ironiser en réponse sur les origines norvégiennes de Mme Joly et sur sa méconnaissance apparente de l’histoire de France. M. Fillon ne manque pas d’air: à jouer au chevalier blanc de la fierté nationale et au distributeur de brevets de patriotisme, il veut probablement faire oublier que son gouvernement a été, de tous ceux qui se sont succédé depuis les débuts de la Vème République, celui qui a le plus humilié l’institution militaire et compromis son avenir. Quant aux protestations du choeur des pleureuses de la gauche des beaux quartiers sur la sortie “xénophobe” de M. Fillon, on y croit vraiment…: si Mme Aubry veut restaurer le prestige de l’armée, qu’elle y consacre au moins une partie de sa réflexion de candidate. Tout cette volaille s’agite et caquette beaucoup, mais on a peine à croire qu’un aigle puisse grandir au milieu de cette basse-cour .

 

La retransmission télévisée de la cérémonie des Invalides nous a au moins donné à voir une belle image: derrière notre petit président clopinant jusqu’à sa voiture, la caméra a cadré la statue de Napoléon veillant sur la Cour d’Honneur. Lui aussi était un homme petit. Mais il était grand…

 

 

Honneur et patrie.

Par Honneur et patrie
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Dimanche 10 juillet 7 10 /07 /Juil 18:27

Lien armée - NationSoixante-trois. En juin 2011. Soixante-trois soldats français sont tombés en Afghanistan depuis que, pour son plus grand malheur, la France s’est engagée dans une opération militaire qu’elle regardera plus tard, si elle en a le courage ou la lucidité, comme un péché contre la raison et l’esprit. Les historiens des vingt ou trente prochaines années statueront sur la signification qu’il importe de donner à ce que nous, à Honneur et Patrie, considérons d’ores et déjà comme un nouvel épisode du renoncement national. Car si l’on jette un regard en arrière sur les guerres du XXème siècle, on mesure à quel point notre pays, expression d’une nation composite et fière de sa diversité surmontée, a peu à peu perdu la maîtrise de son destin. Le tout proche centenaire du déclenchement de la Grande Guerre sera très intéressant à étudier de ce point de vue: à considérer la littérature historique ou les productions cinématographiques récentes sur le premier conflit mondial, il y a fort à parier qu’on y mettra l’accent sur la cohésion nationale exceptionnelle qui permit à notre pays de tenir pendant ces quatre années qui constituèrent la plus terrible épreuve de son histoire (le 1 400 000 morts de 1914-1918, soit une moyenne de 900 morts par jour, n’est en rien comparable à l’épisode militaire très bref, quoique intense, du printemps 1940). La Deuxième Guerre Mondiale montra de manière presque caricaturale les limites et, finalement, le caractère fallacieux du consensus républicain: c’est un pays épuisé, vieillissant et déchiré qui s’effondra devant une Allemagne cuirassée de certitudes inébranlables; un pays qui, sous la vareuse étoilée du vieux Maréchal, donna le spectacle de l’abaissement moral et des accommodements douteux avec le vainqueur. Henry de Montherlant l’avait prédit dès 1938, au lendemain des accords de Munich: “La France est rendue à la belote, à l’apéro et à Tino Rossi”.


La France de 1914 était partie au combat avec au coeur le nationalisme républicain que lui avaient enseigné ses maîtres d’école, expressions et figures de proue d’un peuple qui se voulait éclairé. Vingt années de crise, de politicaillerie impuissante et de corruption avaient eu raison des qualités morales du peuple français, dont l’armée reflétait le désarroi: le souvenir de la grande saignée avait traumatisé la nation et suscité un antimilitarisme mortifère; quant aux chefs, civils ou militaires, ils n’avaient plus envie de se battre. A bien y regarder, le décrochage armée-nation fut la condition de la défaite.

 

De même, les guerres de décolonisation ne pouvaient qu’être perdues. C’était certes le mouvement de l’Histoire que d’aller, au lendemain de notre abaissement en tant que puissance, vers l’émancipation des peuples dominés. C’est vrai aussi que la France s’accrocha à son Empire d’une façon particulièrement maladroite, s’aliénant les masses colonisées. Le fait que l’armée qui combattait en Indochine puis, au début, en Algérie, fût composée de militaires professionnels, lui ôta le soutien d’une grande partie de la population française, qui se retourna définitivement contre la politique de “maintien de l’ordre” quand on lui associa les appelés du contingent, qui furent un peu les “Malgré-nous” de la répression colonialiste. Les reculs de l’armée française face à l’inexorable mouvement d’émancipation des peuples colonisés eurent pour origine et pour conséquence l’affaiblissement de la relation armée-nation qui avait rendu possible en son temps la grandeur impériale de la France. L’antimilitarisme d’une bonne partie de la jeunesse en sortit renforcé, dans le climat libertaire de l’après 68.

 

On n’est plus, ou marginalement, antimilitariste aujourd’hui. C’est bien pire: l’armée a tout simplement cessé d’exister dans les esprits. On l’a rangée au magasin des articles usagés d’une histoire qu’on croit - à tort - définitivement écrite. Dans un monde où les conflits se multiplient depuis la fin de la Guerre Froide et le déclin accéléré du fragile colosse américain, c’est un signe inquiétant, un péril mortel pour les nations que cette indifférence à leur outil militaire.

           

On remarquera que cet état de fait concerne essentiellement, pour ne pas dire uniquement, les pays riches qui subirent, de près ou de loin, les deux conflits mondiaux du XXème siècle: assommés par les conséquences tragiques d’affrontements qui menacèrent ou mirent fin, provisoirement ou non, à leur existence en tant qu’Etats (qu’on songe à l’Allemagne), bercés de l’illusion d’une paix perpétuelle liée à l’équilibre de la terreur nucléaire ou à la construction européenne, ils baissèrent la garde. Sans se le dire, Européens de l’Ouest et Américains apprirent à vivre avec l’idée que la guerre était devenue impossible, eu égard aux forces effroyables qu’elle aurait déchaînées, et agirent comme si la paix était un luxe de pays riches, qui avaient trop à perdre pour se dresser à nouveau les uns contre les autres. Cette utopie fut soigneusement entretenue par les européistes ou européâtres de tout poil, pour qui la guerre était effectivement contre-productive en termes de construction d’un espace de libre-échange où se déploierait en toute impunité la rapacité capitaliste dont l’Europe des nations se meurt précisément aujourd’hui. La guerre ne peut pourtant être réduite à une confrontation des pauvres: les principaux belligérants de 1914-1918 étaient les puissances européennes les plus prospères.

 

Imaginons maintenant une agression militaire de la France par une puissance étrangère et posons-nous la question suivante: combien de temps nos ennemis supposés mettraient-ils pour bousculer ce qu’il restera de notre armée après sa “restructuration” et occuper notre pays? Une réponse strictement militaire consisterait à évoquer des éléments de stratégie et d’intendance et à envisager des scénarios, tous forcément démentis par ce que nous savons du contexte intellectuel et social dans lequel ce conflit se déroulerait. La France ne tiendrait pas. Elle ne tiendrait pas car tout a conspiré, dans son histoire depuis ces quarante dernières années, à ôter à son peuple jusqu’à la faculté de résistance la plus élémentaire.

 

On pourra invoquer, pour expliquer cette passivité suicidaire, l’absence de conflit sur notre sol depuis 1945 et, de ce fait, la disparition de toute culture de guerre dans  l’imaginaire, l’éducation et les pratiques intellectuelles et sociales. On pourra stigmatiser - on ne le fera jamais assez - l’imposition dans notre vie quotidienne de cette société de consommation à l’américaine qui ne vise qu’à la satisfaction des instincts les plus bas: la France est devenu un grand corps flasque et émasculé, où aucune pensée un peu vive ne doit venir déranger la digestion du consommateur. La France des conforts gras refuse l’idée de l’effort collectif et du sacrifice tout comme elle congédie la pensée de la mort, à laquelle les générations qui nous ont précédés devaient faire face: pour preuve, elle envoie ses vieux mourir à l’hôpital. Comment s’étonner, dans ces conditions, que la nation française se détourne de son armée, c’est-à-dire d’un des seuls corps de la société où ne prévale pas la vulgarité marchande et où le sens de l’honneur ait encore un sens? Le général Hervé Charpentier le rappelait dans un très beau texte publié dans Le Figaro du 2 juin 2011 que nous proposons à votre lecture.

 

Nos soldats meurent en Afghanistan et le scandale de leur inutile sacrifice est escamoté par des media qu’excitent bien davantage les frasques sexuelles de tel candidat putatif à la présidentielle, de tel sous-ministre d’un gouvernement indigne et déconsidéré. Nos soldats meurent pour les Américains, dans une guerre absurde où nos intérêts ne sont pas en cause et à laquelle personne ne croit. Nos officiers reçoivent des ordres en anglais, nos soldats meurent et tout le monde s’en fiche. Avons-nous vu des soulèvements d’indignation du peuple français quand, il y a dix ans, la France s’est arrimée au navire-amiral américain? Avons-nous vu, pire, des débats passionnés ou des manifestations autres que symboliques quand, en 2009,  notre regrettable président fit réintégrer au pays le commandement militaire de l’OTAN? Il ne nous souvient même pas d’avoir entendu parler à cette occasion d’apostasie au regard de la doctrine gaullienne… La suppression, déguisée sous le vocable de “suspension”, du service national en 1996 a bien constitué le stade ultime de la désagrégation du lien armée-nation dont nous payons aujourd’hui les conséquences. Et c’est à un président qui se réclamait du gaullisme que nous la devons! Combien de militaires sont aujourd’hui prêts à donner ou redonner leur suffrage en 2012 au petit homme agité qui fit en son temps un service militaire de planqué dans un état-major parisien et qui, n’en doutons pas, parachèverait, en cas de renouvellement de contrat, son travail de destruction de nos institutions, de nos services publics et de notre armée? Cela, nous ne pouvons l’accepter. Signifier sèchement son congé au premier Président de la République ouvertement vendu aux intérêts américains n’est qu’un préalable. Il est essentiel et urgent que la Grande Muette se remette à parler et réinvestisse l’espace politique et social de la manière la plus propre à restaurer les valeurs qui ont fait la grandeur de notre pays. C’est sur ce nécessaire effort de redressement national que l’Histoire nous jugera.

Par Honneur et Patrie
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Samedi 19 mars 6 19 /03 /Mars 23:22

 

Honneur et PatrieLe début de l’année 2011 fera date pour quiconque se préoccupe de la situation matérielle et morale de l’armée française et porte ses réflexions au-delà des récents événements en Afrique du Nord. On ne saurait écrire que le front intérieur est calme. Si l’on postule que le mot “front” suppose l’inscription dans un espace géographique et mental de l’opposition entre deux forces antagonistes, l’affirmation selon laquelle il existe bien, dans la France de Sarkozy, un front intérieur est difficilement contestable. D’un côté de la ligne de fracture, notre armée, confrontée depuis le 1er janvier 2011 aux conséquences de la mise en chantier des fameuses Bases de Défense par lesquelles les ministricules responsables de l’avenir du pays mettent la touche finale à la destruction de notre outil militaire. Il va falloir nous habituer, nous suggère-t-on, au spectacle affligeant de ces bureaux vides où des plantons déprimés guettent l’arrivée du poste informatique (quand ce n’est pas de la chaise ou de la rame de papier) qui leur permettra de se mettre au travail; il faudra s’amuser de ce que les gestionnaires de personnel recherchent dans leurs bases de données point encore “réformées” les traces qui attestent que tel ou telle, viré de sa défunte garnison, a bien été “basculé” chez eux; il faudra alterner les anxiolytiques et les stimulants pour continuer à “tenir” sans perspective d’amélioration à court ou moyen terme. Comme au front, sauf que dorénavant il nous faut nous battre sans armes ni cartouches...
 
Un tel désastre en évoque d’autres: la vague de mutineries de 1917, liée à des décisions militaires désastreuses (ça ne vous rappelle rien?) et à un mépris absolu des souffrances trop longtemps infligées à des combattants pourtant admirables de courage et d’abnégation; la débâcle de 1940, consécutive à une impréparation militaire dramatique et à la trahison de nos élites, qui mirent moins de temps pour détaler de Paris à Bordeaux que n’en met l’orage pour fondre sur la quiétude d’un jour d’été. Les politiciens incapables ou corrompus qui avaient condamné la IIIème République à l’impuissance avaient de toute manière fait le choix de la défaite. Ce qui nous amène à nous poser les questions suivantes: pour qui travaille le gouvernement actuel, à l’heure où le 54ème soldat français vient de tomber en Afghanistan? Combien de temps notre armée, rongée jusqu’à l’os par les coupes budgétaires et anéantie par un sentiment d’humiliation croissant, pourrait-elle tenir face à une agression extérieure? Poser ces questions, c’est déjà y répondre…
 
D’un côté du front intérieur, il y a donc notre armée. Et de l’autre côté? L’Allemand botté, dominateur, la cravache pointée vers nos frontières? Les sinistres brutes bolcheviques des James Bond de la grande époque? Les “terroristes” barbus égorgeurs de femmes et d’enfants - c’est du moins ainsi que les présente notre moderne Ministère de la Propagande, qui n’a même pas pu faire accroire, l’automne dernier, la menace d’attentats qui eussent opportunément détourné l’attention des Français du sabordage de leur système de retraite? Tout ceci prête à sourire puisque tout esprit un peu éclairé sait que l’ennemi est dans la place, au coeur même de notre dispositif de défense. L’ennemi - qui peut encore en douter?- s’est installé au printemps 2007 à la faveur de cette OPA aux allures de kermesse “démocratique” qu’organisèrent les élites mondialisées et leurs relais journalistiques en faveur de Nicolas Sarkozy, qui n’est, à tout prendre, que leur raison sociale. La France vit une situation historique inédite: jamais, en temps de paix, un élu du suffrage universel investi des plus hautes fonctions, jamais celui à qui la Constitution de 1958 a conféré le titre et la responsabilité de chef des armées n’avait usé de son pouvoir comme il en use et abuse aujourd’hui, pour démanteler et abaisser la nation qui lui a malencontreusement confié son destin. Passe encore que l’élu de 2007 soit un histrion gesticulant et vulgaire, un satrape prosterné devant le Veau d’Or et ses grands-prêtres, un chef de bande qui a fait main basse sur l’Etat comme un nuage de criquets s’abat sur un champ. L’homme de goût et d’idées pourrait se contenter de se pincer le nez au spectacle des turpitudes élyséennes si les attendus et les conséquences de la politique menée par Sarkozy ne mettaient le pays dans un péril dont il pourrait ne pas se relever: services publics massacrés (qu’on songe à ce qu’il restera de l’Education Nationale, de la justice et de l’hôpital quand les réformes actuelles auront réalisé leur objectif de destruction), cohésion sociale menacée, avenir obéré (que peut-on encore attendre d’un pays quand une génération entière a été crétinisée par l’absence de formation intellectuelle et livrée à la sous-culture de la consommation effrénée?).
 
L’image de la France a subi le sort infligé au pays. Les liens d’”amitié” entretenus par Nicolas Sarkozy avec les tyrans corrompus que les peuples tunisien et égyptien viennent de congédier avec éclat sont une souillure supplémentaire sur l’honneur de la France: les pitoyables rodomontades de Mme Alliot-Marie devant les députés relativement à ses opérations touristico-immobilières en Tunisie n’effaceront pas de sitôt l’affront fait à notre pays par celle qui est en charge de sa diplomatie, et ce ne sont pas les premières déclarations du nouvel ambassadeur à Tunis Boris Boillon, dont l’arrogance et l’imbécillité portent la marque de fabrique de son maître, qui contribueront à restaurer ce qui a été cassé sans doute pour longtemps.
 
Une dernière réflexion: les armées tunisienne et égyptienne ont, au cours des crises qui viennent de secouer leurs pays respectifs, montré une modération et un sens politique qui forcent l’admiration. Elles représentent, pour des populations longtemps livrées à l’arbitraire de créatures appointées par les Etats-Unis et Israël, une alternative et un espoir réaliste de reconstruction nationale. Ce qui est en train de se passer au sud de la Méditerranée ne saurait être ignoré au nord. La vie et la mort des peuples sont intimement liées aux relations tissées entre le monde politique, la société civile et son armée. Dans l’entreprise d’émancipation nationale à laquelle appelle Honneur et Patrie, l’armée française ne doit pas seulement réaffirmer sa dignité bafouée: elle ne doit pas rater le train de l’Histoire.
Par Honneur et Patrie
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Samedi 19 mars 6 19 /03 /Mars 17:51

Arc de triompheVous êtes fatigués, rongés par le doute et un authentique sentiment d’humiliation. N’en soyez pas étonnés: vous faites l’objet, depuis que Nicolas Sarkozy a imposé sa funeste présence à l’Elysée, d’une régression professionnelle et sociale dont il n’est pas d’exemple dans notre histoire.


Le Livre Blanc rédigé à l’initiative du peu regretté Hervé Morin et publié en 2008 applique à l’institution militaire la politique de destruction systématique des services publics qui sévit déjà dans les administrations, l’Education Nationale, l’hôpital et les transports. A partir du 1er janvier 2011, avec l’ouverture des bases de défense supposées “rationaliser” la gestion des effectifs et des missions de la Défense, un pas supplémentaire et peut-être irréversible dans la dégradation de notre armée sera franchi :

  •  la dissolution de régiments entiers s’accélérera
  • les transferts de personnels dans d’immenses pôles de défense dépourvus des moyens matériels de remplir leur mission s’effectueront dans des conditions insupportables pour un grand nombre d’entre vous: carrières bouleversées, déménagements forcés, éloignement géographique des conjoints,
  • dans le même temps, les personnels sous contrat seront, plus encore que par le passé, poussés dehors. La réduction à terme, en 2014, à 94 000 militaires d’active de l’Armée de Terre (soit la capacité d’accueil du Stade de France…), dont 10 000 seulement destinés à“participer à la protection du territoire national” ne peut déboucher que sur une  totale incapacité en cas de conflit.

Le constat est accablant. La responsabilité des politiques dans ce sabordage de la Défense Nationale et de l’armée est éclatante:

  • la suppression du service national par le président Jacques Chirac a coupé le lien organique armée-nation qu’avait instauré la Révolution Française et rendu l’institution militaire opaque aux yeux des citoyens: combien de civils sont informés des liquidations  en cours d’unités dont l’histoire était pourtant intimement liée à celle des villes où elles étaient stationnées, en particulier dans le Nord et l’Est? combien n’en prendront la mesure que lorsque le départ des militaires aura provoqué une catastrophe humaine et économique?
  • l’instrumentalisation de notre armée au service de causes étrangères s’est accélérée depuis que Nicolas Sarkozy est arrivé au pouvoir: depuis 2007, l’armée américaine sait qu’elle peut se battre jusqu’au dernier soldat français en Afghanistan, où 52 des nôtres sont déjà tombés,
  • le retour dans la structure de commandement de l’OTAN (2009) voulue par le même Sarkozy, le plus pro-américain des présidents français depuis 1945 selon le Département d’Etat américain, est une insulte à notre tradition d’indépendance nationale et marque notre complet assujettissement à la puissance américaine au moment où celle-ci s’effondre.


Soldats, sous-officiers, officiers, vous êtes méprisés par des dirigeants indignes et corrompus. Vous l’êtes parce que vous incarnez une tradition d’honneur et de don de soi qui ne trouve pas sa place dans une société gangrénée par l’argent, où les seules valeurs sont celles qu’on peut coter en bourse, et qui vous berce de l’illusion de la démocratie. Il vous appartient de refuser cette dictature de la médiocrité et de l’impuissance. Le pays ne pourra se relever qu’avec votre concours, votre refus de la décadence et de l’humiliation nationale, votre conscience de la force que vous détenez.
Par Honneur et Patrie
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